Médiation Familiale et éloignement géographique.
- Carole Liard
- 15 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 déc. 2025
L’éloignement géographique : quand la distance met le lien parent-enfant à l’épreuve
Quand un parent décide de partir à 250 km ou à 9 400 km comme de La Réunion à la métropole (ou l’inverse), ce n’est jamais anodin pour l’enfant. Les billets de train ou d’avion coûtent cher, parfois le décalage horaire complique les appels, les vacances scolaires ne coïncident pas toujours… et surtout : la peur de « perdre » son enfant surgit très vite pour le parent éloigné.
La distance géographique concerne de plus en plus de familles et les enjeux sont universels : mutations, expatriations, études des enfants, nouveaux conjoints…
« Le temps de la médiation devrait advenir très tôt dans les conflits : au tout début, avant que les rancœurs ne se cristallisent. » - Danièle Ganancia (médiatrice familiale et magistrate)
En pratique, beaucoup de parents croient que « celui qui a la résidence habituelle décide de tout ». Or, le parent éloigné garde exactement les mêmes droits et devoirs sur les grandes décisions (choix du lieu de vie, scolarité, santé, religion…).
Ce que montre la réalité du terrain, c'est que parfois :
La médiation familiale est sollicitée trop tard : quand par exemple, le billet d’avion est déjà acheté alors que l'autre n'est pas au courant. Ce qui peut générer chez lui, un sentiment d'exclusion dans le projet de son enfant ainsi que de la panique jusqu'à refuser le départ de celui-ci.
Le projet de déménagement est d’abord unilatéral : l’un des parents décide, l’autre peut subir ce qui lui arrive et se sentir mis à l’écart.
Le parent qui sera loin de son enfant, peut craindre de « devenir le parent des vacances », quant à celui qui part avec l'enfant, il peut tout à fait redouter d’être « le parent qui gère tout ».
Les enfants, eux, restent souvent les grands silencieux de ces conflits. Il est possible d'entendre sa parole en entretien. Pour cela, il doit avoir l'âge de discernement nécessaire.
Quand la médiation familiale intervient dès l’idée du projet du parent qui souhaite partir avec l'enfant, la médiation familiale peut permettre de :
Transformer un projet individuel en un projet parental partagé.
Rééquilibrer la place de chacun (le parent éloigné ne se sent plus « hors jeu »)
Trouver des solutions concrètes réfléchies par les deux parents : calendrier annuel précis, alternance des vacances scolaires et petites vacances, appels visio ritualisés, partage des frais de transport équitable, clause de retour éventuel…
Préserver un lien sécure et continu pour l’enfant, même à 10 000 km.
Depuis la réforme de 2002, l’autorité parentale est, en principe, exercée conjointement par les deux parents, qu’ils vivent ensemble ou séparément, y compris lorsqu’ils résident très loin l’un de l’autre (art. 371-1 du Code civil). Concrètement, toute décision modifiant de manière importante les conditions de vie de l’enfant – par exemple un déménagement qui influence les modalités de résidence ou de visite – doit être discutée entre les parents. En cas de désaccord, il appartient au juge aux affaires familiales de trancher.
Pour les voyages :
Lors d’un déplacement en France ou dans l’espace Schengen, aucune Autorisation de Sortie du Territoire (AST) n’est obligatoire lorsque l’enfant est accompagné d’un parent exerçant l’autorité parentale.
Pour les autres pays, tenez-vous informés des dispositions du pays de destination. Soyez vigilants car certains pays exigent la production d’autres documents : autorisation écrite de l’autre parent, formulaire CERFA d’autorisation de sortie du territoire, visas, etc.
Dans tous les cas, par prudence, prenez toujours soin de vous renseigner auprès de la compagnie aérienne ou de consulter le site du Ministère des Affaires Étrangères pour prendre connaissance des lois de votre pays de destination.
Si vous êtes parent et que l’idée d’un déménagement lointain vous traverse l’esprit (ou vous inquiète), parlez-en dès maintenant avec l’autre parent… et pourquoi pas avec un médiateur familial. Parce que oui, même à des milliers de kilomètres, on reste parents.
Par Carole Crémier Liard - Médiatrice familiale diplômée d’État


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